Potosisi la famille

Et nous voilà arrivés à Potosi !
Point d'ancre sur notre itinéraire, on a choisi cette ville grâce à notre contact avec une association étudiante français, Mission Potosi. Son but est de venir en aide aux enfants et familles de mineurs, dans la ville de Bolivie où l’extraction de minerai est la plus conséquente. Le Cerro Rico qui culmine Potosi est exploité depuis le XVIe siècle, et son importance économique est capitale pour ce pays qui se nourrit des ressources du sol. On parle de plus de 15000 travailleurs, sans compter les enfants (dont l’activité est légale) et les femmes qui surveillent les filons pour éviter les vols entre les coopératives de mineurs. S’ensuit un travail physiquement très rude, avec très peu de solidarité entre les mineurs, et dont les recettes dépendent complètement du cours international de l’argent (ce qu’il en reste) et de l’étain. Rien de tout ça pour s’apitoyer sur le sort de quiconque, mais ça reste intéressant à savoir.
Avec Mission Potosi, et donc d'étudiants à étudiants, l'échange d'informations a été assez folklorique. On a réussi à passer deux après-midis dans les centres de Pailaviri et Yachay. Les enfants boliviens, ou du moins ce qu'on en a vu, sont étonnamment surexcités et disciplinés à la fois. Dès que tu proposes de tester les instruments, une marée humaine s'effondre sur toi, et pourtant il est facile de leur rappeler le concept de chacun son tour (concept qui paraissait si absurde au Cambodge et en Indonésie). Peut être que parler - même un peu - la langue aide aussi.
Sur ce point, mention spéciale à Nicolas, Diane et Nathalie, dont les compétences en espagnol sont en train de dépasser celle du reste du groupe. On rappelle que Nicolas apprend le chinois, Diane l'allemand, Nathalie l'italien et que le reste du groupe est composé de 5 lv2 espagnol depuis 7 ans. C'est sûrement la faute du système scolaire français !

Regardez comment c’est joli

Regardez comment c’est joli



En plus de Mission Potosi, on a pris contact avec Voces Livres, une association qui s’occupe également de l’aide aux familles de mineurs. Implantée depuis 20 ans sur le Cerro, elle a fondé deux écoles sur place pour que les enfants n’aient pas à aller en centre ville. Au début, ces deux écoles étaient illégales, elles sont maintenant reconnues par le gouvernement et rassemblent tous les enfants du Cerro. Tous ceux qui vont à l’école en tout cas.
Pour les vacances (parce que quand on est là, c’est tout le temps les vacances ! youpi !) Voces Livres emmène les enfants à une heure de la ville, dans les communautés rurales où il fait bon vivre. Déjà parce tu descends en altitude et tu te mets à pouvoir respirer, donc ça c’est cool. Ensuite parce que ça ressemble à un grand camp de vacances où l’association nourrit et loge les enfants, en leur proposant plein d’activités telles que courir sur un terrain de foot dimension réelle. Alors ok, c’est plus bas que Potosi, mais ça reste à 3200m. Certains ont essayé de distancer les enfants avec leurs jambes de géant, ils n’ont pas réussi.
Ce qu’on a réussi à faire par contre, c’est mettre le feuuu ! On parle reconnaissance tuba/trompette, on parle danse des pingouins, on parle chenille endiablée pendant la boum du vendredi soir. Les enfants étaient vraiment adorables, même (surtout ?) celle qui s’amusait à boire la condensation de la basse de Nathalie.

hé oui c’est vraiment joli

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Sinon, si vous voulez des infos en plus sur l'histoire de la ville ou la beauté de ses points de vue, demandez aux autres. Moi je vais vous parler de la nourriture à Potosi.
Alors déjà tous les midis, les restaurants proposent une formule unique composé d'une entrée avec de la patate, d'une soupe avec de la patate, d'un plat avec une demie patate et d'un fruit en dessert. Avec un peu de chance, le restaurant propose une alternative à la viande (seul aliment aussi omniprésent que la patate), et vous aurez la magnifique opportunité de pouvoir commander du poulet à la place. Quand j'ai osé protester en affirmant que le poulet était aussi de la viande, la tenancière s'en est retournée à ses fourneaux en marmonnant "et bah si elle aime pas elle met de côté et elle mange pas !". Je ne sais pas s'ils emploieraient le terme de vegano-hipster, mais je pense que l'idée est là. Dans un des pays les plus pauvres d'Amérique du sud, quand on galère à apporter à ses enfants tous les nutriments dont ils ont besoin, choisir de ne pas manger de viande est une vraie absurdité.
Maaaais ne t'inquiète pas ! Le menu du midi c'est un truc de locaux ! Tu peux toujours choisir l'option toutoutoutouriste et te tourner vers le paradis : les restaurants végétariens. On en a découvert deux, mais je suis sûre que dans cette ville où le tourisme est plein essor, ils ne feront que se multiplier. A la carte plus de 5 types de burgers végés, des lasagnes de légumes, des pâtes pesto ... Et pour pas très cher ! En y repensant mon cœur s'emballe. Peut être que tout ça c'est pas bien typique, mais dans une ville où la moitié des bâtiments sont des rôtisseries de poulet, qu'il est bon de croquer dans autre chose qu'une patate à l'eau ! Vous remarquerez ici un haut niveau de dramatisation.
Et pour finir, j'aimerai dédier cet article au restaurant Las Penas et sa pizza tomate oignon. Merci de m'avoir soutenue dans des moments sombres, où aucun autre plat ne me tendait la main.

Bastien Muller