L'enregistrement du CD

Coucou, ici Bastien à l’écriture pour un article rétrospectif (en fait pas vraiment car c’est toujours pas fini hehe) à propos de l’enregistrement de notre CD !

Après s’être prélassé un peu partout dans le nord-ouest argentin, région plus ou moins dense en sulfites, il fallait bien retourner sur le plancher des vaches, c‘est à dire à Salta (1300 mètres dans le ciel quand même). Et oui l’enregistrement du cd tant attendu était arrivé, nous allions donc passer aux choses sérieuses. Cela aura pris au final un peu plus d’une semaine pour à peu près 24h cumulées d’enregistrement et autres bidouillages.

Si vous êtes arrivé jusque là c’est que vous voulez certainement en savoir plus alors je vais vous raconter cette épopée géniale sous forme de mode d’emploi pour que vous ayez une bonne idée d’à quoi a bien pu ressembler cette semaine ! C’est parti !

Enregistrer un Cd En Argentine

Etape 1 : Trouver un studio

Et oui vouloir enregistrer un CD c’est bien beau mais déjà faudrait il trouver un studio capable d’accueillir 10 gugusse qui prennent autant de place que nous et qui soit libre 4h par jour pendant au moins 7 jours ! Pour l’info, on a eu besoin d’une quinzaine de micro en tout, ce qui n’est pas rien. Si vous êtes moins nombreux vous devriez avoir moins de difficultés à trouver un studio à votre taille, surtout si vos instrus sont moins gros.

Au final après quelques mails envoyés nous sommes tombé sur LE studio parfait géré par Enrique, ingénieur son (je crois) beaucoup trop sympa pour nous ! Il nous a carrément rajouté des heures pendant ses pauses à la fin parce qu’on était trop en galère de temps et que son planning était déjà plein. En plus c’était pas loin de l’hôtel donc pratique quand on a la flemme.

Tenez, Enrique rien que pour vous.

Il est là, à gauche

Il est là, à gauche

Etape 2 : Savoir ce qu’on veut enregistrer

Et oui question pas simple si vous voulez enregistrer beaucoup de morceaux et que vous êtes plus de 1 dans votre groupe pour vous décider. Nous on a eu beaucoup de morceaux possible (un truc comme 16) mais pas autant d’élus parce qu’on avait pas 3 mois disponibles sur place. Surtout cela dépend du résultat du combat dans l’arène (= le coin posé de l’auberge de jeunesse) qui oppose deux compétiteurs ! La team qualité d’un coté et la team quantité de l’autre. Après beaucoup de débats, nous avons décidé de suivre la devise “vite fait bien fait” qui a été créée pour l’occasion.

Attention, territoire secret défense, vous n’en saurez pas plus sur la composition de ce CD pour l’instant. Ce sera à vous de juger si c’est pas devenu vite fait mal fait. (Teaser : personnellement je trouve que c’est stylé ;) )

Etape 3 : Faire pouet pouet tous ensemble dans les instrus

C’est l’étape déterminante car malheureusement quand on fait pouet pouet dans un micro, on entend toutes (TOUTES) les erreurs. Assurez vous donc d’être pas trop nul sinon vous serez déçu. On a fait pouet pouet du mieux qu’on pouvait à chaque morceau en recommençant quand on était pas content. Le but était d’avoir une bonne base sonore pour chaque morceau avec le moins possible de réenregistrement et divers bidouillage à faire par la suite. Autant vous dire qu’au début c’était bien bizarre de jouer chacun avec un micro et pour certain avec un casque de retour, mais c’était pour la bonne cause. Dîtes vous que vous jouer dans votre milieu naturel et essayez d’oublier qu’il y a un détecteur de fausses notes juste devant vous sinon vous pourriez être déstabilisé.

Etape 4 : Le francespañol

Pour avoir un bon CD, il faut aussi savoir bien communiquer avec votre ingé son préféré (dans notre cas Enrique) parce qu’il saura identifier les grosses taches sonores mais pas les petits trucs si vous lui dîtes rien. Enrique nous a avoué qu’il avait fait plusieurs années de français au lycée mais qu’il avait tout oublié. Heureusement, au cours des heures nous avons convergé linguistiquement vers une forme de langage peu connue, le francespañol !

Exemple typique : “Vamos a enregistrar un nuevo morceau” ; “Un nuevo morceau ? Si si no problema”

Etape 5 : Abracadabra et repouetpouet

C’est l’étape la plus longue (ou pas si vous êtes des dieux de la musique). Elle consiste à faire comme si toutes vos fausses notes et erreurs rythmiques n’avaient jamais existé. Pour ça il y a deux techniques : faire refaire pouet pouet aux coupables, ou utiliser la magie de la bidouille qui sort des doigts de votre Enrique pour faire disparaître les preuves. Avec une équipe rodée au francespañol et un planning de passage bien huilé, on a pu fignoler tous les morceaux dans les temps (c’était un peu limite quand même).

Etape 6 : Les balances

Ça c’est la dernière étape. Une fois que vos morceaux sont tout beau tout propre, il reste encore à équilibrer le niveau sonore de chaque personne pour que le résultat final soit bien placé sur l’échelle qui va de “caresse molle” à “agression brutale” de l’oreille. Et puis il faut aussi qu’on puisse entendre tout le monde sinon c’est pas cool, n’en déplaise à jean-mich’ qui joue toujours trop fort.

Enfin, une fois que toutes les étapes du dessus ont été bien faites, et seulement ensuite, vous pouvez écouter vos morceaux en vous disant que c’est vraiment à ça que va ressembler votre CD et qu’il n’y aura plus quarante filtres magique à appliquer pour vous sauver. Il vaut mieux que vous soyez content du résultat à ce moment là :p

Bastien, nouvel adepte du francespañol.

Bastien Muller